mercredi 18 avril 2007

CMU
Santé
Les bénéficiaires de la CMU doivent payer...
Odile Plichon
DEPUIS CINQ JOURS, le gouvernement n'en démord pas : le rapport explosif de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur les dépassements d'honoraires, dont des extraits ont été divulgués par « le Point » la semaine dernière, ne serait « pas encore finalisé ». Le ministre de la Santé, Philippe Bas, refuse de céder à la pression de ceux qui exigent sa publication immédiate (associations de patients, mutuelles, généralistes, etc.). En exclusivité, « le Parisien » et « Aujourd'hui en France » se sont procurés ce rapport* non finalisé de 71 pages, que nous publions sur notre site Internet. De fait, le verdict est sévère. Non seulement les dépassements d'honoraires sont très répandus - ils représentent 2 milliards d'euros sur les 19 milliards d'honoraires totaux -, mais les pratiques médicales sont parfois hors la loi, notamment vis-à-vis des 4,9 millions de bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle). Pourtant, la loi est claire : face à un « CMUiste », les professionnels de santé n'ont pas le droit de demander un supplément tarifaire. Dans les faits, pourtant, 8 % des patients se voient demander un dépassement lors d'une consultation en dermatologie, en gynécologie ou en anesthésie. Ce pourcentage grimpe à 13 % pour les consultations en chirurgie ou en urologie. Dans la capitale, enfin, dans 10 % des cas, le dépassement était « d'au moins 67 € », notent les rapporteurs. Dernier enseignement de cette étude : cherté ne rime pas forcément avec qualité. « Les dépassements ne permettent pas aux assurés sociaux d'obtenir des contreparties garanties en termes de diplômes » ou de « niveau de compétence »...
* Les dépassements d'honoraires médicaux, mars 2007. Un avenant à la convention médicale, paru hier au « Journal officiel » (« JO »), prévoit notamment la réduction des délais de remboursement des praticiens qui assurent la dispense d'avance de frais au profit des bénéficiaires de la CMU.

Mon commentaire :
Surveillez votre courrier. Car les attestations ont tendance à s'égarer, être volées ou à ne pas être envoyées. D'énormes trafics sont donc à envisager.